Sue Van Geijn’s Secret

Sue fait partie de la branche hollandaise de KSAT. Elle est actuellement basée à Londres. Vous avez pu découvrir son travail dans le numéro 5 de KSAT sur les visions du futur. On réitère la collaboration pour le cycle sur les secrets et vous pourrez voir son travail lors de la soirée de lancement de la prochaine publication qui aura lieu le 29 Juin. Elle voulait aussi vous partager cette vidéo qu’elle a faite pour l’occasion.

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Sue is part of the dutch side of KSAT. She’s currently based in London. You were able to discover her work in the 5th issue of KSAT about visions of the future. We collaborate again for the cycle about secrets and you’ll be able to see her work during the release party of the publication that will take place the 19th of June. She also wanted to share with you this video that she did for KSAT.

[vimeo 64668997 w=500 h=281]

Sue Van Geijn – Secrets from KSAT ZINE on Vimeo.

KSAT CAMP cover

Chroniques de KSAT CAMP

L’évènement de ce Samedi 13 Avril 2013, KSAT CAMP#4, a signé la fin d’une série de happenings artistiques éphémères sur le territoire parisien. La série avait débuté en Décembre 2012 de façon tout à fait expérimentale. Le cycle KSAT sur le thème des « Secrets » est désormais presque abouti. Le résultat de mois de recherches artistiques sera présenté lors de la journée de lancement de la publication, programmée pour le 29 Juin 2013 dans un lieu extraordinaire (que l’on ne manquera pas de vous divulguer bientôt!).

A la fin de cette expérience,  nous avions envie de vous faire part de notre émotion et de l’incroyable expérience qu’a été KSAT CAMP. Nous voulions répondre à une question que l’on nous pose assez souvent : « Pourquoi vous faites ça?« . 

Petit rappel historique afin de comprendre les motivations qui mènent un duo féminin hyper énergique à défendre et diffuser ce type de projet autofinancé et fondé sur le DIY (do it yourself).

Ce qu’on a découvert avec le temps, c’est que dans la vie, on n’obtient rien si on ne prends pas de risques pour que nos rêves deviennent réalité. Sans une forte motivation cette lutte est inutile.

KSAT est une plateforme indépendante, mise à disposition des artistes de différentes nationalités et différentes pratiques artistiques, crée à fin qu’ils s’expriment de façon libre et créative. Le processus de création est un élément fondamental pour KSAT, un espace où l’échange et l’interaction entre les personnes impliquées dans le projet est un des point clés de la richesse du projet.

Le désir initial était de pouvoir donner un espace aux artistes en dehors des chemins institutionnels. De l’autre coté, il y a aussi une analyse de l’état de l’art aujourd’hui et une démarche engagée. La possibilité de donner au public parisien (et international) l’opportunité de profiter d’un projet inédit et spécial, loin du circuit fermé des galeries d’art, musées et centres d’art, où malheureusement la jeune création a souvent pas mal d’obstacles, notamment administratifs et financiers, pour prendre sa place et être mis en valeur.

Ça pourrait être vu comme une utopie, mais on croit fortement qu’une façon différente de travailler, collaborer et exposer l’art est possible. Petit à petit on essaie avec les moyens du bord que cette utopie devienne une réalité plus concrète, de lui faire prendre forme et contenu.

Une des motivations qui nous pousse à poursuivre cette aventure est l’incroyable échange et enrichissement que cette expérience nous apporte (et qu’on espère que KSAT apporte à toutes les personnes impliquées).

KSAT CAMP (par la suite écrit KC), et KSAT en général, a été une magnifique aventure que l’on a pu réaliser avec le concours fondamental de l’énergie des artistes faisant partie du projet et qui, pas à pas, ont partagé avec nous leur temps, leurs créations, leur amitié et leur amour. KC est né avec un but ambitieux : il s’agissait de realiser tout au long du cycle Secrets des événements mensuels dans des lieux atypiques du territoire parisien et travailler avec un échange direct avec le lieu et le thème proposé.

Chaque KC raconte une histoire différente qui s’adapte au lieu qui est investi et correspond à un sous thème qui correspondra à une des sections de la publication. Le resultat est chaque fois completement inattendu et surprenant. Grace à la magie diffusée par les lieux choisis, les artistes s’installent dans des espaces particuliers selon leur envie et leur inspiration et reflechissent sur les possibilités de création in situ. Le propos de ce type de happening éphémère est celui de rapprocher le plus possible le monde des artistes du public, dans un échange humain plus direct et sincere. Le public est améne à vivre une expérience, plutôt que d’assister uniquement à une exposition. La possibilité de travailler dans des endroits spéciaux non initialement dédiés à l’art est aussi une caractéristique importante de ces évènements.

KSAT CAMP#1

KSAT CAMP#1 (15 Décembre 2012) se penchait sur les secrets domestiques, qui se cachent derrière les portes fermées des maisons, l’intimité des espaces privés et familiaux. Le lieu de l’événement était unique et original, une petite maison en face du Canal de l’Ourcq, occupée aujourd’hui par les bureaux de Streetpress un de nos partenaire de longue date. Les artistes sont invités à faire resonner cet espace interieur, on peut retrouver des indices de leur passage un peu partout. Entourés par une scénographie environnementale assez surprenante qui renvoie à l’imaginaire de la maison hantée et abandonnée, on découvre l’espace en suivant la danseuse/performeuse Alice. Toilettes, cage de l’escalier, cave, salle de bain… les artistes se rebellent contre les espaces vides des chambres et nous, on se laisse transporter par cette visite guidée atypique.

Artistes présentés: Autumn Ahn, Mélissa Boucher, Hélene Gruenais, IF, Mike Latona, Alice Martins, Giacomo Mercuriali, Cintia Tosta // On remercie toute l’équipe de Streetpress pour le support: coucou Mathieu et Johan!

KSAT CAMP#2

Avec KSAT CAMP#2 (19 Janvier 2013) on change d’atmosphère, on se retrouve à La Petite Rockette. Il s’agit d’un espace/atelier où les gens investis dans ce projet travaillent pour donner une nouvelle vie aux objets abandonnés ou obsolètes, d’une simple lampe aux téléviseurs, des habits aux placards. On peut y trouver de tout. Cette fois là KSAT traite d’identités cachées et dévoile des secrets personnels. On découvre des portrait troublants, des stéréotypes d’identités, des identités littéraires fictives et desprédictions du futur…

Artistes présentés: Autumn Ahn, Cécile Chaput, Anne Devoret, Alice Forge, IF, Arthur Hoffner, Alice Martins, Yasmin Tashk, Yasmin Yrondi // Merci au super team de la Petite Rockette: Delphine, Dimitri et compagnie!

KSAT CAMP#3

Lors du KSAT CAMP#3 (16 Février 2013) on s’est laissé transporter par la vague d’amour qui nous transportait avec l’arrivé de la Saint Valentin. Cette fois le happening est plutôt centré sur le secret de l’amour et les troubles sentimentaux. La petite et jolie librairie/café Marcovaldo nous accueille dans son espace très mignon pour parler de poésie, présenter des courts métrages, danser et boire un verre autour de bon sons. KSAT, pour la première fois, présente le projet au public et dévoile son histoire passée accompagné par les dessins de Yasmine!

Artistes présentés: Marco Colabraro, Hélene Gruenais, Jordan Karnes, Ksénia Lukyanova, Alice Martins, Neue Grafik // Les remerciements les plus grands à nos amis italiens de Marcovaldo: Francesca, Irene, Francesco et Luca!!

KSAT CAMP#4

Et on arrive finalement au dernier chapitre de notre aventure, je peux dire aussi le plus intense et pour lequel on a bien combattu. C’est KSAT CAMP#4 (13 Avril 2013), qui a eu lieu la semaine dernière au Shakirail, d’anciens vestiaires SNCF reconvertis par un collectif d’artistes en ateliers et espaces de création, loisir et spectacle. Simplement magique, la vue sur les rails des trains qui roulent au dessous de nous et les lumières des structures ferroviaires et industrielles… On a parlé de voyeurisme et des secrets des voisin, un thème très intéressant qui a permis aux artistes de voyager avec leur esprit dans ce monde du caché et de la séduction…

Artistes présentés: Autumn Ahn, Bad Bats, BCBG, Mélissa Boucher, Duke Raoul, Alice Forge, IF, Mike Latona, Petronille Leroux, Alice Martins, Vertical // Merci à tout le collectif Curry Vavart, mais surtout la l’incontournable Cécile Titupröne Germain!! (PLUS DES PHOTOS BIENTOT!)

Je veux terminer cette petite histoire qui raconte nos traversées artistiques de ces derniers mois, par quelques remarques importantes.

KSAT CAMP a été conçu de façon très expérimentale en tant qu’atelier de recherche pour les artistes qui collaborent avec KSAT, un projet qui donne notamment voix au travail des artistes sur 3 différents médias: la publication reliée à la main et en série limitée, notre site internet et les événements.

Notre ambition est de réussir à partager avec vous des expériences particulières souvent irréalisables ailleurs, pour chercher à franchir les limites imposées par le marché de l’art et son exposition. On se bat tous les jours pour faire en sorte que notre rêve devienne de plus en plus solide et concret, pour arriver à donner aux artistes encore plus de possibilités de travailler ensemble et de créer sans contraintes.

Sans l’aide de notre public, nos initiatives n’auraient jamais été réalisables, le projet KSAT est basé sur l’aide mutuelle entre les différentes personnes impliquées et le support du projet à travers des partenariats bénévoles.

A la fin de ce petit chapitre, c’est drôle et étonnant de voir la quantité de beaux projets réalisés sans budget mais qui ont réussi à surprendre le public et nous même par leur complexité et leur charme. Rendre nos utopies réalité c’est possible, il suffit juste de jamais cesser de rêver.

Merci à tous ceux qu’on eu la patience de lire tout ça, on vous aime!

On se revoit le 29 Juin pour vous présenter notre publication KSAT#6 « Secrets »! Profitez du printemps

KSAT TEAM

Schermata 2013-04-12 a 16.01.28

The most beautiful dreams, I’ve got them awake – Mike Latona

« Les meilleurs rêves que j’ai fait, je les ai fait reveillé » c’est le motto de Mike.

Monsieur Latona est un artiste plein d’énergie, qu’on a eu l’occasion de rencontrer l’été dernier par l’intermédiaire de Cinzia, membre et mascotte du collectif IF (et de 1024 architecture). Lors de notre rencontre, comme d’habitude, je n’ai pas pu m’empêcher de lui parler de KSAT (hélas!). Il a tout de suit accueilli le projet avec enthousiasme et on s’est promis de travailler ensemble très prochainement.

Aussitôt dit, aussitôt fait.

On a eu une première occasion de voir le travail de Mike lors de KSAT CAMP#1 « Les murs murmurent ». Il a réalisé une installation de video mapping qui a surpris la plupart du public par la beauté des effets des lumières et des couleurs en mouvement. Une expérience poétique complétée par l’interaction avec la danseuse Alice Martins qui, à plusieurs reprises, à interprété et joué avec la pièce face au public.

« The most beautiful dreams, I’ve got them awake » is Mike’s motto.

Mister Latona is a fully energic artist, that we previosly meet last summer through Cinzia, member and mascot of IF collective (as well as 1024 Architecture Team). The first time we met up, as I always can’t avoid, I spoke to him about KSAT project (alas!) He immediatly was enthusiast about the project and we promised each other we will work together in the next future.

Said and done.

We had the opportunity to see Mike’s work at KSAT CAMP#1 « Speaking walls ». He realized ​​a video mapping installation that surprised the guests for the amazing lights’ effects and the colors’ motion. A really poetic experience completed by the interaction with the dancer Alice Martins, that several times interpreted and played the piece in front of the public.

Récemment Mike a commencé à se concentrer sur la vidéo, mais derrière lui il y a toujours une longue histoire d’expérimentations créatives avec différents types de média. A Liège, sa ville natale, il commence depuis sa jeunesse à se dédier au street art et au graphisme, toujours avec l’envie de dépasser les limites imposées par les différentes pratiques, les mêler, les détourner. Quand les murs des espaces fermés de l’école, des galeries et des centres d’art ne suffisaient pas à satisfaire les envies de Mike, il descendait alors en bas pour rentrer en contact direct avec un autre type de public, la rue. La rue est source fondamentale d’inspiration pour le travail de cet artiste, la possibilité de créer de l’art « à vivre et pour tous » sans exceptions lui parait plus stimulante et propice à faire passer son message. Voilà alors d’où sont nés les projets qu’il chérit le plus, ceux qui s’installent directement dans l’espace public urbain, réalisés dans le cade de Liège Métropole Culture 2010. Les projets rassemblaient plusieurs artistes internationaux qui ont été invités à travailler dans une réhabilitation artistique de la ville avec des interventions dans les espaces d’arrêts de bus et dans des vitrines de boutiques. Dans la vidéo ci dessous, un aperçu de ce travail…

Mike recently started to focus on video art, still taking advantage of his previous and various creative experimentations with different type of medias. In Liège, his home town, since his youth he begin to interest street art and graphic design, showing his commitment to break the limits imposed by the different practices, mix them and hijack them. When the walls of the enclosed spaces of  schools, galleries and art centers weren’t anymore sufficient to satisfy Mike’s desires, he would descend down where he would have a direct contact with another type of public, the street. The street represent a fundamental source of inpiration for this artist’s work, the possibility to create an art « to live and for everyone » without exception seemed more stimulating and appropriate for the communication of his message. Starting from there, a bunch of projects that he particularly cherish, the ones that interact directly with the urban life and space, realized in occasion of Liège Metropolitan Culture 2010. Those project gathered several international artists that were invited to work on an artistic rehabilition of the city, the projects were installed in bus stop stations and in shop windows. In the video below, a glimpse on the pieces…

[vimeo 18713021 w=500 h=275]

[vimeo http://www.vimeo.com/16477021 w=500&h=281]

Ce qui est bien évident dans son travail c’est le fait qu’on ne peut pas vraiment définir l’artiste comme appartenant à une « catégorie », sauf celle d’ »artiste multiforme ». Suite aux premières expérimentations, plus dans le cadre de l’image graphique et l’art dans la rue, il commence à se rapprocher de la vidéo. L’image fixe se fait immatérielle, les possibilités et la flexibilité fournis par ce medium multiforme lui donnaient encore plus de pistes possibles à explorer. Mike se lance alors dans le monde du vidéo mapping, en plein milieu entre sa pratique d’illustration, d’architecture, de lumiere et d’image vidéo. Je vous présente alors ce qui, à mon avis, est un de ses travaux les plus intéressants et complexes. La vidéo, en tout cas, racontera beaucoup plus de choses que mes mots…

What is quite clear about Mike’s works, is that it is rather difficoult to define the artist’s belonging to a particular « category », except that of « multiform artist. » Following his early experimentations in graphic design and street art, he begin to get closer to video. Still image transform into ephemeral ones, the possibilities and the flexibility of this polymorph media gives him even more possible path to follow and explore. Mike starts then to work on video mapping, right in between his previous illustration practice, architecture, light design and video art. I introduce you then to project that, in my personal opinion, is one of the most intersting and complex he made recently. This clip, anyway, will tell certainly more then my words…

[vimeo http://www.vimeo.com/56850031 w=500&h=281]

Un mec c’est bien amusé à faire une sorte de « Google Street View » de l’exposition Metamorphose, voilà le resultat (pour ceux qui ne souffrent pas de migraine)

A guy had fun in making a « Google Street View » of Metamorphose exhibition, here is the result (for those who have no migraine problems)

http://autrepointdevue.com/blog/wp-content/vv/vvmetamorph/vvmetamorph.html

Least but not last, je vous suggere de jeter un coup d’oeil à une des dernières installations de Mike, en collaboration avec Cinzia (Campolese), Tijani Loussaief et Dominique Lombardo, faite pour le Reveillon 2013 à Bruxelles, à la Gesus Church. Ca donne envie d’y être! Groovy!

Least but not last, I suggest you to give a glimpse to this recent installation Mike, in collaboration with Cinzia (Campolese), Tijani Loussaief and Dominique Lombardo, in occasion of NYE celebrations in Bruxells, at the Gesus Church. It makes you want to be there! Groovy!

[vimeo http://www.vimeo.com/56850162 w=500&h=281]

NYE 2013 from Latona Mike on Vimeo.

Mike Latona participera au KSAT CAMP#4 Voyeurisme/Secret of your neighbor ce samedi 13 Avril, avec une installation de video mapping à ne pas rater! On a hate de voir ça!

Mike Latona will participate to KSAT CAMP#4 Voyeurisme/Secret of your neighbor ce samedi 13 Avril, with a not to miss video mapping installation! We’re looking forward to check this out!

Le site de Mike / This is Mike’s website

Le (nouveau) blog de Mike / Mike’s (new) blog

Backstage – préparation du KSAT CAMP#4 à Montreuil

Charlotte et Kirikoo – photo par Autumn Ahn

En ce moment le soleil boude Paris et ne décide de pointer son nez que les dimanches. C’est toujours mieux que rien me diriez vous! Dimanche dernier justement nous le saluons alors que l’on se dirige vers Montreuil pour rejoindre une maison en travaux inhabitée et cachée dans un lot pavillonnaire tout à fait charmant. La porte nous est ouverte par la charmante Lucy Narac. On traverse le jardin broussailleux pour découvrir une maison peu ordinaire. Le salon est occupée par les préparatifs de l’installation pour le KSAT CAMP#4 et les croquis d’Autumn Ahn. Dans la pièce du fond on aperçoit une peinture sur une bâche en plastique disposée sur le mur et le motif qu’Autumn a bien entamé qui est posé à côté une batterie démontée.

These days, the sun is hiding from Paris and decides to show up only on sundays. It’s always better than nothing you’ll say! Indeed, last sunday, at the same time as we were greeting him we were going towards Montreuil (near Paris) to go in an deserted and hiden house which take place in the middle of very cute houses. The charming Lucy Narac is welcoming us. We walk across the brushy garden to discover an unusual house. The livving room is full of the preparations of the installation for the KSAT CAMP#4 and the sketches of Autumn Ahn. In the next room, we can see a painting on platic on the wall and the pattern that Autumn almost finished that is just next to a dismantled drum set.

Charlotte entre dans la pièce, elle a performé cet après midi face à la caméra pour la pièce pensée par Autumn. La pièce est divisée en trois temps et se construit sous nos yeux. Lorsqu’on avance à travers les escaliers étroits on remarque Quentin Crestinu qui prends des photos. Kirikoo Des est à la caméra en train de filmer Autumn qui est dans une pièce très exiguë et étroite où, le visage couvert de noir, elle peint frénétiquement le sol et les murs.

Charlotte comes into the room, she performed this afternoon in front of the camera for the piece thought by Autumn. The piece is divided in 3 chapters and is building up in front of our eyes. When we go towards the stairs we notice Quentin Crestinu who’s taking pictues. Kirikoo Des is holding the video camera while shooting Autumn who’s in a confined and narrow room where, her face covered in black, she paints the floor and the walls frenetically.

photo par Quentin Crestinu

Peu de paroles. Le silence de la maison inanimé envahit l’espace et est rythmé par la musique du rez de chaussée. L’air frais entre en même temps que le soleil et alors que l’on observe les curieux papiers peints des pièces de l’étage. On se surprend à faire une pause dans la course interminable des préparatifs pour l’événement. Martina sourit, on se regarde et on se rappelle pourquoi on aime faire ce que l’on fait avec KSAT.

Little talks. The silence of the uninhabited house take over the space and is cadenced by the music from the ground floor. The fresh air enters at the same time as the sun when we observe the curious wallpapers of the rooms upstairs. We are surprised to take a break in the never-ending race of the making of the event. Martina smiles, we look at each other and we remember why we love to do what we do with KSAT.

photo par Quentin Crestinu

Ne manquez pas de voir la pièce orchestrée par Autumn Ahn et réalisée avec le concours de Kirikoo Des, Quentin Crestinu, Charlotte Giamarchi et Lucy Narac lors du KSAT CAMP#4 ce samedi 13 Avril 2013.

Don’t miss out the piece orchestrated by Autumn Ahn and realised with Kirikoo Des, Quentin Crestinu, Charlotte Giamarchi and Lucy Narac during the KSAT CAMP#4 this saturday, April 13th, 2013.

La bibliothèque d’Alice Forge

Dans notre groupe on commence à avoir quelques noms qui reviennent souvent. Les « Alice » sont assez populaire chez KSAT. C’est d’une Alice que je vais vous parler aujourd’hui. Cette Alice là était arrivée avec une très jolie robe à pois quand on la rencontrée la première fois.

Elle avait apporté des cartes postales qu’elle avait faites elle même. L’esthétique était très intéressante. On partageait beaucoup de références. On a parlé colonel moutarde avec la corde dans la véranda ou de la mort de Roger Ackroyd. On a partagé notre passion pour Romain Gary, son talent de conteur et de mythomane. Nous avions un total respect pour cet homme.

In our group we start to see similar names that pops up. Alice is quite popular among KSAT artists. Today I’m going to talk to you about an Alice. This Alice was wearing a very pretty polka dot dress the first time we met her.

Alice brought some postcards that she did herself. The looks of it was really interesting. We shared a lot of references. We talked about the colonel Mustard with the rope  in the veranda or about the murder of Roger Ackroyd. We shared our passion for Romain Gary, his talent as a storyteller and mythomaniac. We had complete respect for this man.

Beaucoup de ses références font appel à la littérature, au mystère et l’imaginaire. Il est donc intéressant d’aller fouiner dans sa bibliothèque pour y découvrir certains de ses livres préférés.

A lot of her references come from litterature, mystery and imagination. Therefore it’s interesting to take a glimpse at her library to discover some of her favorite books.

On peut y trouver le Chien des Baskerville de Sherlock Holmes qui est l’un de ses premiers souvenirs de lecture. Les trois mousquetaires ont aussi beaucoup marqué son parcours et enfin elle me parle d’un livre moins connu qui est composé de 5 tomes. Il s’agit de « Le Quinconce » de Charles Palliser.  L’histoire tourne autour d’un héritage convoité par plusieurs branches d’une même famille. Le décor s’implante dans l’Angleterre Victorienne et on pourrait presque s’y méprendre et croire lire un Dickens. Alice l’a lu à toute vitesse, emportée par le flot des péripéties du héros qui va de Charybde en Scylla. Dès qu’elle atteint la dernière phrase, la toute dernière, « on comprend qu’on s’est fait rouler et qu’il faudra peut être tout relire: pas de résolution absolue de l’intrigue, on est dans un roman contemporain, à la première personne, totalement subjectif. Le plus beau, c’est qu’il y a une postface où l’auteur explique qu’il s’est trouvé parfois confronté à des lecteurs qui n’avaient pas la même interprétation que lui de sa propre intrigue, et il affirme que si une autre interprétation est possible, elle est tout aussi valide que ses intentions d’auteur. Il écrit que le roman est un vecteur de significations soumis la liberté d’interprétation. Ce livre m’a appris que lorsqu’on créé quelque chose, la richesse vient toujours de la possibilité du spectateur d’interpréter l’œuvre à sa guise, selon sa sensibilité, et pas, comme on le voit souvent dans l’art contemporain, de comprendre les intentions de l’auteur. »

There we can find the Baskerville’s dog from Sherlock Holmes which is  one of her first memory of reading. The 3 musketeers were also very important in her path and finally she talks to me about a less famous book that’s made out of 5 volumes. It’s called « Le Quinconce » from Charles Palliser. The plot is quite cray. A story about inheritance around which a family is fighting for. The set up takes place in victorian UK and we could easily feel like we’re reading a Dickens. Alice read it very fast, carried away by all the adventures of the main character from Charybde to Scylla. As soon as she reaches the last sentence, the very last one, « we understand that we were tricked and that we might have to reread everything : the mystery is not solved completely, we are in a comtemporary novel, the writer is using the « I » to tell the very subjective story. The most beautiful is that there is a postnote where the writer explains that he sometimes found himself facing readers that didn’t have the same interpretation than him of his own plot and he says that if another interpration is possible, it might be as valid as his. He writes that the novel could be interpreted in many ways and it’s up to the freedom of interpretation of the reader. This book allowed me to learn that when you create something, the great thing about it is to give the opportunity to the reader/audience to interpret it as he/she wants, according to their feelings and not, as we often see in contemporary art, to understand the will and thoughts of the writer. »

Éveiller la sensibilité du lecteur et raviver son imaginaire pour qu’il s’y épanouisse avec plaisir, on se rend bien compte que c’est ce qui guide le travail d’Alice Forge.

Arouse the reader’s sensibility and his/her imagination so he/she can feel the story, we are well aware that this is what leads the work of Alice Forge.

Ne manquez pas de découvrir sa nouvelle pièce pour KSAT lors du prochain évènement sur le voyeurisme et les secrets des voisins ce samedi 13 avril. Pour plus d’informations c’est ici.

Don’t miss her new piece of work for KSAT during our next upcoming event about voyerism and secrets of your neighbor this saturday, April 13th. For more informations it’s here.

 

Photos : la bibliothèque de Alice Forge par Alice Forge

KSAT CAMP#4 – Voyerism / Secret of your neighbor

Samedi 13 Avril, KSAT remet ça! Le cycle des secrets sur lequel les artistes travaillent cette année bat son plein. Cette fois-ci, les artistes vont explorer les méandres du voyeurisme et des secrets des voisins.

Rendez-vous pour une expérience hors du commun dans un lieu décalé et secret. L’exposition éphémère présentera des travaux de vidéo mapping et plastiques ainsi que des performances artistiques et installation. La soirée sera rythmée par des performances sonores cachées tout au long du happening.

KSAT vous invite à découvrir des histoires mystérieuses et à entrer dans l’univers de chacun. Les artistes travaillent en dialogue avec l’espace et investissent une pièce spécialement conçue pour l’événement, en harmonie avec l’espace.

Le lieu de l’événement, gardé secret jusqu’à la dernière minute, sera révélé après inscription sur la guest-list: http://eepurl.com/slytP.

Evènement Facebook

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Saturday April 13th, KSAT is back! The artists are working and researching upon the topic of secrets, which is the theme of the current cycle. This time, they will expore in particular the mysterious and magic world of voyeurism and the secrets of your neighbors.

We’re looking forward meeting you this weekend in aim to experience this art in an unexpected and secret location. The ephemeral exhibition will present videos mapping and fine art, as well as artistic performances and space installations. The soirée is going to get groovy on the sounds of hidden music performances that will pop up from time to time during the evening.

KSAT invite you all to discover the mysterious stories and to enter a universe of strangers. The artists works in direct contact with the space and its identity, they produce original pieces especially for the event.

The event location is kept secret until some days before the event, it is going to be revealed to whom who subscribe on the guest-list: http://eepurl.com/slytP.

Event Facebook

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Artistes confirmés / Artists presented : Autumn Ahn, Alice Martins, Petronille Leroux, Alice Forge, IF, Latona Mike, Boucher Mélissa, BCBG, Vertical, Duke Raoul, Mounir Ayache, Neue Grafik, Bad Bats! It’s going to be a hell of a show!

En partenariat avec StreetPress, Le Comptoir Sauvage, Revue Oscillations, Spirited Magazine.

Five years old at Palais de Tokyo

I have recently started an internship at the culture department of the Danish Embassy in Paris. I enjoy this a lot, as I have always enjoyed art and literature, but it also stresses me out a bit. There are too many people and artists that I am supposed to know about, or at least to have heard about,  and my namedropping skills remain at zero. It was therefore, feeling the need to be updated on cultural knowhow and general artistic coolness, that I went to the Palais de Tokyo opening with my very best intentions of being observant and critical. Lets just say that my plan didn’t pan out excactly the way I had envisioned it…

After a little wait in the rain, my friend and I, who had come directly from work, were let into an already bubbling atmosphere of people, smalltalk and smiles everywhere. Everybody seemed genuinly excited to be there and to experience Soleil Froid, Palais de Tokyo’s newest exhibition. Although I was thrown off for a minute by the excessive amount of beautiful, welldressed people, and the mounting wish for an afterwork beer, we quickly went downstairs and started moving our way through the underground labyrinth that is the lower floor of Palais de Tokyo. The place was crowded, but not in a bad way, and we enjoyed the very diverse pieces. We even found a piece by a danish artist, of a talking depressed fox in a mirror telling the story of the worlds demise, and I took a mental note and a phonephoto, to show to the good people at the embassy. The idea was, that maybe, in the realm of danish culture, I could get to come back during worktime and study it a bit closer. It never happened, but in the moment I felt at the epitomy of my cultural journey.

A little while later, we worked our way out of the downstairs labyrinth and into the arms of a cold beer on the first floor. We stood for a while and observed the people, until we noticed a corner covered with mirrors that seemed to be the entrance to something. Having recalled, that earlier, there used to be more exhibitions back in that corner, we made our way, past beautiful girls and boys in colorful clothes, until we were in front of the glimmering entrance. And that is when all seriousness, if there was any to begin with, evaporated. We found ourself in a hall of mirrors, as the ones you know from your childhood, and instantly we became five years old. We walked around, amazed like babies, looking at our own images reflected all over.

On the other side of the mirrored hall, the game of lights and mirrors continued as we, mesmerized by tiny pieces of mirrors, several light installations and a lit labyrinth of cloth, walked through what felt like several rooms of light and shadow. The excitement would have no end and everyone, old ladies as well as perky young hipsters, seemed enthralled in the same feeling of light and lightness. Of uncomplicated beauty and whimsicalness.

We felt happy and serene as we crossed the corridor and entered, what we assumed to be, the front hall that we came from. But we had misjudged the size of the museum and instead we found ourselves in the exact opposite of where we came from. We entered a big room and were immediately overwhelmed by the noise of what seemed to be a hundred schoolchildren. But instead of schoolchildren, what we saw were our fellow museumguests. Running around, stomping and throwing with things. In what can only be described as a big circus. We shrugged and joined the games. I took pictures as my friend happily stomped around on a noisemaker disguised as an installation, and we tried out several viewdistorting sunglasses.  After a little while we quickly tired of the noise, and with tired eyes and excitement in our bodies, we returned to the dark, quiet coolness of the parisian evening. The last part of our journey had washed out any desire I had to be pseudointellectual, or even to retain the name of a single artist.

I went home with a smile on my face and a photo of a talking fox on my phone.  I will come back another time to see the rest of the pieces once more, but for this evening, I had a wonderfull time just being five years old again.

Soleil Froid is an exhibition taking place at the Palais de Tokyo in Paris from February 27th to May 20th, 2013

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KSAT CAMP#3 – Confusion Sentimentale // Emotional Disorder

Le 16 Mars 2013, un lieu unique dans le quartier magique du Marais à Paris, a ouvert ses portes à KSAT à l’occasion d’une soirée dédiée à la confusion sentimentale et à la poésie. Marcovaldo, 61 rue Charlot, s’est transformé ce soir là en une sorte de théâtre et tout le monde s’est fait petit pour rentrer dans cet espace douillet! Ça va sans dire que l’atmosphère était chaude et passionnée, la soirée a débuté avec une performance de la danseuse Alice Martins, en collaboration avec le musicien Neue Graphik et le poète italien Marco Colabraro. Ensuite Yasmine et Martina ont raconté au public l’incroyable histoire de KSAT et présenté le projet KSAT CAMP pour la première fois, à travers des dessins de Yasmine. On a eu l’honneur d’avoir parmi nous Ksénia Lukyanova, comédienne et scénariste sibérienne, pour présenter son court métrage 14 Septembre en avant première, réalisé en collaboration avec Christian McCallum (Sudafricain) et une équipe internationale. Enfin la poète Jordan Karnes nous as rejoint par Skype de Oakland pour nous lire une série de poèmes et présenter sa vidéo-poésie « Can’t be in the body without ». LOVE IS ALL!

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On March 16th a unique spot, in the magic Marais in Paris, opened its doors to KSAT in occasion of a night devoted to sentimental confusion and poetry. Marcovaldo, 61 rue Charlot, was transformed for a night in a kind of theater and everybody made himself tiny to have access to this narrow little space! The atmosphere was hot and passionate as you can easely imagine, the night began with the performance of the dancer Alice Martins, in collaboration with musician Neue Graphik and the italian poet Marco Colabraro. Further on, Yasmine and Martina told to the public the funny story of KSAT and presented KSAT CAMP project for the first time, through Yasmine’s drawings. We had also the honor to see the participation of Ksénia Lukyanova, siberian comedian and scenarist, there to annonce her short movie 14 Septembre in preview, realized in collaboration with Christian McCallum (from South Africa) and an international team. Following, poet Jordan Karnes in connection with Paris from Oakland through Skype, read us a series of poems and presented her video-poetry « Can’t be in the body without ». LOVE IS ALL!

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je voudrais perdre la tête pour toi…

Vorrei perdere la testa per te soltanto per decapitazione // Je voudrais perdre la tête pour toi, seulement par décapitation
Par Marco Colabraro (traduction par Martina Margini)
vidéo de préparation de la performance du 16 février 2013 // KSAT CAMP#3, Marcovaldo, Paris

Voici le texte en langue originale (italien), à suivre celui de sa traduction en français,
et quelques photos en avant première de la performance ( photos par Irene Pancaldi et Hélène Guénais)!

Bonne lecture!

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Tra i fili interrotti dei nostri telefoni contemporanei, te ne sei andata in cucina ad apparecchiarti la bocca con le galletta di mais. Le labbra gonfie e vino in calici sul mio tavolo di legno scuro. I tuoi piedi sul davanzale della finestra, coi venti che disfano la primavera in fiori e quel ciondolo che porti in mezzo al petto. Mi sono arrampicato su un albero per guardare alla tua finestra, farti ciao aprendo le dita e poi chiuderle sull’erotico mio gioco. Non c’eri, un disegno di bimba: un dinosauro e un sole stilizzato coi raggi che finiscono in bocca all’animale, le tue mutandine piegate sul letto e il profumo pastello della biancheria lavata. Mi è squillato il telefono e non eri tu. Sono caduto dall’albero, a niente serve un palo tra le gambe se non ti ci puoi sostenere. Mi sono messo a correre sul posto, col sudore che lava via la memoria dalla mia schiena senza i segni delle tue dita. Nello spazio delle tue vocali lunghe le tue gioie da poco, vorrei perdere la testa per te soltanto per decapitazione. Ci siamo detti dell’amicizia, ci siamo strappati le guance sulle distanze dei nostri cordless della banalità del nero. C’è una finestra sopra i miei piedi quando mi sdraio sul letto e disegno forme strane e fumo con lo stick dell’incenso, la brezza delle cinque del mattino per i miei pensieri che non lasciano stare le zanzare stanche. Le nuvole rare. La luce fredda. Al fuoco i palazzi, le antenne paraboliche, i balconi vuoti e le persiane abbassate. La vita dentro e tutti questi pixel in cascata. Me lo vuoi dire adesso che fare? Dovremmo sederci a un pub e bere una media come tutti gli altri? Hai voglia di un Mojito? Io non lo so cos’è che mi fa passare le notti con lo sguardo all’insù, cerchiamo il volo e costruiamo ali per staccare le scarpe dallo sporco d’asfalto, null’altro. Tutti questi vetri vuoti, la raccolta differenziata dei nostri pensieri di oggi. Dimmelo adesso che fare, sognare il mare o scendere in strada e far la guerra coi tram aspettando il mattino? Quel discorso sugli animali da compagnia che ci ha tenuto allacciate le scarpe, che te ne volevi tornare al silenzio ed io ti ho detto potremmo dividerlo a metà ed abitarlo un poco. Così ti sei messa a prendermi a schiaffi coi tuoi denti bianchissimi e ci ha sorpreso il sole che ancora tenevamo gli occhi chiusi. Non così, non così ho detto prima della nostra battaglia navale coi ventri dammi la mano e su in piedi, fatti guardare, fatti baciare, e poi voltati che mi piace anche quando non mi guardi e sono costretto a perdere gli occhi sul tuo mondo diviso in due dall’unico meridiano che posso toccare. E infilo le dita nelle tue ombre, ti alzo la testa e mentre ansimi sussurro: lo vedi quello che resta di noi? Le linee lunghe dei nostri capelli trafiggono il cielo, sfuggono le nostre parole ai tralicci della corrente, lo vedi tutto quell’azzurro, se ti pieghi un poco saremo sotto la linea dei grattacieli, e bianco e parchi, alberi in fioritura ed esplosioni di polline per le congiuntiviti di luglio che se ti si annebbia la vista è perché sei altrove.

Entre les connexions interrompues de nos téléphones contemporains, tu es partie dresser la bouche avec une galette de maïs. Les lèvres gonflées et le vin en calice sur ma table de bois foncé. Tes pieds sur le rebord de la fenêtre, avec le vent qui perturbe le printemps et ce pendentif que tu portes au milieu de ta poitrine. J’ai grimpé dans un arbre pour regarder à ta fenêtre, te dire bonjour en écartant les doigts pour les refermer sur mon désir érotique. Tu n’étais pas là, un dessin d’enfant : un dinosaure et un soleil naïf avec ses rayons qui tombent dans la bouche de l’animal, ta culotte pliée sur le lit et le parfum pastel du linge lavé. Le téléphone a sonné mais ce n’était pas toi.

Je suis tombé de l’arbre, un poteau entre les jambes ne sert à rien si on ne peut pas s’y raccrocher. Je cours sur place, la sueur efface tout souvenir de mon dos, en absence des traces de tes doigts. Dans l’espace entre tes voyelles longues tes joies futiles, je voudrais perdre la tête pour toi, seulement par décapitation. On a parlé d’amitié, on s’est déchiré les joues par la distance de nos téléphones dans la banalité de l’obscurité.

Il y a une fenêtre au dessus de mes pieds quand je m’allonge sur mon lit et je dessine des formes étranges et je fume à travers un bâton d’encens, la brise de cinq heures du matin pour mes pensées qui ne laissent même pas tranquilles les moustiques fatigués.

Les rares nuages. La lumière froide. Au feu les palais, les antennes paraboliques, les balcons vides et les volets baissés. La vie intérieure et tous ces pixels en cascade.

Tu peux me dire maintenant ce que tu veux faire ?

Devrait-on s’asseoir au comptoir et boire une pinte comme tous les autres ? T’as envie d’un Mojito ? Je ne sais pas ce qui me fait passer mes nuits à regarder vers le ciel, on recherche le vol et on construit des ailes pour éloigner nos chaussures de la souillure de l’asphalte, rien d’autre. Tous ces verres vides, le tri sélectif de nos pensées d’aujourd’hui. Dis moi maintenant quoi faire, rêver de la mer ou descendre dans la rue faire la guerre avec les trams en attendant le matin ?

Ce discours à propos des animaux de compagnie qui nous a gardé les chaussures lacées, tu voulais retourner au silence et je t’ai dit qu’on pourrait le partager entre nous et l’habiter un peu. Alors tu as commencé à me gifler avec tes dents trop blanches et le soleil nous a surpris quand nos yeux étaient encore fermés. Pas comme ça, pas comme ça j’ai dit avant la bataille navale entre nos ventres, donne moi ta main et puis debout, laisse moi te regarder, laisse toi te faire embrasser, et puis tourne toi car ça me plait aussi quand tu ne me regardes pas et je suis forcé de perdre mes yeux sur ton monde divisé en deux par l’unique méridien que je puisse toucher. Et je glisse mes doigts dans tes ombres, je lève ta tête et pendant que tu murmures je te dis : tu voit ce qu’il reste de nous ? Les longues lignes de nos cheveux percent le ciel, nos mots échappent aux antennes, tu vois tout ce bleu, si tu te baisses un peu on sera au dessous de la ligne des gratte ciels, et le blanc et les parcs, les arbres en fleurs et l’explosion du pollen pour les conjonctivites de juillet, si ta vue est brouillée c’est que tu es ailleurs.

Performance par Alice Martins et Autumn Ahn / Photo : Sylvain Raybaud

The skin that had me – Autumn Ahn

Autumn Ahn a présenté un performance lors du dernier KSAT CAMP#2  du 19 Janvier à la Petite Rockette. Le public a été surpris par une performance intense en collaboration avec la danseuse Alice Martins. Elle est arrivée habillée en noir, s’est assis dans un coin du sous sol et a préparé ses outils : pinceaux, gouache, stylos, papiers et autres objets chimiques…

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As part of the performance that took place on January 19th, during KSAT CAMP#2 hosted by La Petite Rockette, Autumn suprised our public with an intense performance, in collaboration with another live performance by dancer Alice Martins. She showed up dressed in black, sitting in a corner of a basement room and preparing all her tools as brushes, gouache, pencils, papers and others chemical objects…

Photo: Seewon Jung

Performance by Alice Martins and Autumn Ahn / Photo: Seewon Jung

La performance était appelée « La peau qui mue. La peau qui m’a eu » et consistait en la création d’une série d’autoportraits de l’artiste qui étaient faits en live devant le public lors de l’événement. En peignant son visage avec des pigments blancs, rouges et argentés, Autumn a imprimé son visage sur le papier, donnant un mouvement aux portraits vivants.

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The performance was called « The skin that sheds. The skin that had me«  (french « La peau qui mue. La peau qui m’a eu ») and focused on the production of a series of selfportraits of the artist that were literally made in front of the public during the show. By painting her face with white, red and silver pigments, Autumn printed her face on paper supports, giving to those sheets the appearance of moving and lively selfportraits.

Performance by Alice Martins and Autumn Ahn / Photo: Seewon Jung

Performance by Alice Martins and Autumn Ahn / Photo: Seewon Jung

 » Alors que nous vieillissons, la perception de nos expériences évoluent. Elles sont comme un flux au fur et à mesure qu’elles s’accumulent. Ces accumulations représentent une identité intrinsèque qui dirige notre apparence extérieure. Je vais faire une performance live pour enregistrer les impressions de mon vieillissement. Je vais d’abord imposer mon âge et après essayer de le capturer. »

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« As we age, the perceptions of our experiences evolve. They are in flux as they accumulate. These accumulations represent an inner identity that directs our outer appearances. I will make a live performance to record impressions of my aging identity. First i will impose the age and then try to capture it. »

The results of the performance // Photo by Autumn Ahn

Autumn Ahn a déjà participé aux happening précédants notamment au KSAT CAMP#1 avec l’installation « Refraction ».

Ici vous pouvez trouver plus d’informations à propos de l’artiste > My art is fueled by action

Autumn Ahn website

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Autumn Ahn already participated to previous happening like KSAT CAMP#1 with the installation « Refraction ».

Here you can check more informations about the artist > My art is fueled by action

Autumn Ahn website

Traduction en français : Yasmine Tashk