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THE EPHEMERAL ART OF SAMBRE AT BAINS DOUCHES

 

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Vous venez de voir un extrait de notre rencontre avec Sambre, un artiste qui peint et sculpte l’espace urbain, des lieux plus ou moins accessibles au public. En mai 2013, il nous ouvre les portes des Bains Douces pour nous faire découvrir son oeuvre éphémère. On explore avec lui son univers.

 

LES BAINS DOUCHES

Une fois rentrées dans ce grand batiment, fermé au public à cause de son prochain abattement, on percoit la patine bling-bling qui recouvre ses murs, aussi si elle se cèle au dessous d’une plus epaisse patine de poussière.

Les Bains Douches c’étaient le rendez vous mythique de la jeunesse parisienne aux années 80 et 90 (avec sa kermesse d’habitués vip, gendre Jean Paul Gautier, Keith Haring, Prince, les Joy Division etc. La pétillante vie nocturne du club verra sa fin en 2010 à cause de certains travaux savages sur le batiment de la part de son proprietaire.

Images courtesy of Foc Kan

L’edifice, sous la direction artistique de la Galérie Magda Danysz, a été investi pendant quatre mois (Janvier – Avril 2013) par une cinquanteine d’artistes internationaux, à fin de faire vivre une dernière vie au bâtiment avant sa définitive reconversion dans un hotel de luxe. Les travaux commenceront bientot.

Lors de ma première visite en Mars, l’oeuvre qui m’a plus fasciné c’ést celle de Sambre. J’ai cherché de découvrir plus sur les intentions de l’artiste et son idéntité à travers ce conversation autour de sa « boule de bois »…

Est-ce que tu pourrais te décrire à travers : 

- un son : j’aime beaucoup Thom Yorke, et j’aime beaucoup ce qu’il a fait avec Modeselektor

- une ville : c’est Prague, car j’ai vécu la bas et il y a une dimension humaine comme celle d’un grand village et aussi un coté citadin avec plusieurs choses à faire et une masse en mouvement perpétuel

- un personne qui t’a influencé : c’est Jiří Beránek, un sculpteur tchèque de 68 ans. Je l’ai rencontré pendant le temps où j’ai habité en République Tchèque (3 ans), il m’a permis de ressortir du contexte très directif de l’école. Il me poussait à présenter mes idées intuitivement, avec une base évidemment laborieuse de travail et de recherche, mais en se laissant guider par l’intuition et par l’identité d’un lieu. Ca a énormément changé ma manière de voir les choses.

En quelle année est né Sambre ? Pourquoi ce nom et pourquoi tu marquez souvent le territoire avec cette inscription ?
Sambre est né en 2004, tout est parti d’une association de lettres et de sons, il n’y a pas un sens directement lié à ça, c’est plusieurs concepts regroupés en même temps, il y a différents mots qu’on peut y retrouver : sang, sombre, ambre, sabre etc… dans chacun de ces mots il y a quelque chose de moi. C’est assez réducteur quand on parle de marquer le territoire, le tag est souvent assimilé au chien qui pisse sur son territoire, je pense qu’il faut le voir plutot comme une façon de s’approprier d’un espace à travers l’interaction avec celui-ci et de retrouver une liberté à travers la création.

Images depuis le site personnel de Sambre

Comment t’a influencé le fait de vivre à l’étranger ?
D’une coté professionnelle et academique, tous les rencontres et les experiences que j’ai fait ont stimulé en moi des réflexions artistiques et conceptuelles sur ce qui nous entoure. Voyager souvent m’a permis de garder des libertés par rapport à l’implantation géographique, je n’ai pas de mal à bouger d’un endroit à l’autre, j’ai plus de mal à trouver un endroit fixe d’ailleurs. Après un sejour au Kosovo à la fin de l’année dernier, où j’ai travaillé sur une scénographie, je suis rentré à Paris. A ce moment précis, en Janvier, ils m’ont proposé de travailler aux Bains Douches, donc ca tombait bien.

Tu avais déjà en tête de travailler sur une forme circulaire ?
Le cercle c’est une forme que j’explore depuis un an, du coup c’était l’occasion de la développer. C’est l’espace aussi qui m’a beaucoup inspiré. J’ai vu cette pièce qui m’a beaucoup parlé et j’ai imaginé quelque chose sur deux étages et la forme de la sphère a émergé assez vite.

Est-ce que c’est la première fois que tu va si à fond avec ton travail sur un bâtiment (creuser et modifier structurellement un bâtiment)?
C’est la première fois que j’interviens de façon si tenace et aboutie. Je n’avais pas encore pris la matière elle même sur place, il s’agissait souvent de matière déplacée, qui avait toute une histoire aussi, mais ce n’était pas directement issue du lieu. C’est ça que m’intéressait ici, parce qu’il y avait le temps, les moyens techniques, le marteau piqueur par exemple (ils me l’ont prêté car il y avait le chantier après), c’est aussi grâce à ca que ça a été possible. Dans tous les endroits abandonnés c’est rare que tu aies de l’électricité et que tu puisses rester autant de temps sans avoir des soucis où qu’il soit facile d’accès.

Images depuis le site Bains Douches, photos par Jérôme Coton et Stephane Bisseuil

Tu avais déjà assez de confiance avec la construction pour te rapprocher autant au bâtiment ?
Non, mais ça ne m’inquiétait pas, il y avait plus d’excitation que d’inquiétude. Aussi parce qu’il y avait l’architecte qui m’a informé sur ce que je pouvais ou pas faire. J’étais vraiment excité de réaliser finalement un travail pareil, car ça faisait longtemps que ça me trottait dans la tête de faire une intervention dans le cadre de la sculpture in situ. J’avais besoin depuis longtemps de me confronter plus sérieusement avec la matière.

Quelle part donnes tu à la collaboration dans ton travail ? Quand tu en a besoin et quand tu la cherche ?
Pour la réalisation des pièces je commence à accepter l’idée qu’on puisse m’aider. Pour cette pièce j’avais un assistant à toutes épreuves, il s‘appelle Martin. Il a contribué à l’ambition du projet, parce que tout évoluait de jour en jour, progressivement, on n’avait pas déterminé techniquement jusqu’où je serais allé. Je donne beaucoup d’importance au processus au delà du résultat, l’étape de réalisation d’une pièce est un moment magique, peu importe ce que j’aurais pu faire de mieux, c’est vraiment dans l’acte de création qui repose la beauté d’un projet. Avant, j’étais beaucoup plus « solo » dans ma création, en tous cas pour les sculptures. En parallele j’ai fait des partenariats pour des installations avec Teurk et avec d’autres artistes. Maintenant je suis plus ouvert à l’idée de déléguer une partie technique et de la création aussi à des autres personnes et d’accepter que ça prenne une autre direction de ce que j’imaginais au debout. En peinture j’aime bien me confronter aux autres parce que ça fait évoluer et ça fait partir dans des directions qu’on n’imaginait pas et ça fait quelque chose de surprenant, de nouveau, qui permet de se remettre en question.

Images depuis le site personnel de Sambre / Image centrale depuis le site Bains Douches, photos par Jérôme Coton

Tu as donné un titre à cette pièce ?
Non, j’ai du mal à donner des titres car je trouve que ça enferme, ça dirige le jugement qu’on peut avoir sur une création. Il y a une évocation subtile à la boule à facette, c’est vrai que c’est un clin d’œil aux Bains Douches et à la boîte de nuit, à ce qu’elle a été, mais c’est aussi autres choses, chacun peut en voir ce qu’il veut.

C’est à quel moment que tu t’es rapproché au travail sur le bois et pourquoi ?
Tout d’abord je me suis rapproché au bois à l’école, en France et à l’etranger. En République Tchèque on réalisait des installation avec le bois avec les moyens du bord, si tu veux faire une installation il n’y a pas de budget donc tu fais avec ce que tu peux, j’utilisais beaucoup de matériaux de récupération de bois et du métal. Le bois c’est un matériaux qu’on trouve partout, tu peux facilement en récupérer et il a beaucoup des caractéristiques intéressantes pour la construction. Autant plus, le bois de récupération qui a une patine, qui raconte une histoire, qu’on va réadapter à un autre contexte, je trouve qu’il y a quelque chose de très poétique. Dans ce type de bois il y a des contraintes, il faut toujours trouver des solutions complexes pour le travailler et pour l’assembler. Si je commandais mon propre bois, il y aurait moins de remise en question et le processus serait moins palpitant, mais j’aime bien avoir une direction assez définie et que le processus de création soit sans cesse à se renouveler.

Images depuis le site personnel de Sambre

Pourquoi tu choisis souvent d’intervenir dans des situations où personne va pouvoir le voir ?
Avec les outils actuels on peut faire circuler un travail, par des photos et des images, c’est ce qu’il reste. Je pense que j’ai des choses à prouver comme tous les artistes et j’ai besoin d’un retour sur mon travail mais ce n’est pas seulement par le graffiti que j’ai envie de montrer mon identité, et pas forcement dans la rue avec des grands œuvres. Le graffiti pour moi ça reste de la peinture et ça peut être faire partout.

 Images depuis le site personnel de Sambre

Pour en savoir plus sur les projets de Sambre : www.sambre.fr

Le site officiel des residences d’artistes aux Bains Douches: www.lesbains-paris.com

Merci à la Galerie Magda Danysz pour nous avoir donnée accès aux Bains lors de notre première visite, merci à Sambre pour le temps consacré à l’entretien.

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