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THE EPHEMERAL ART OF SAMBRE AT BAINS DOUCHES

 

[vimeo width="600" height="365" video_id="68449721"]

Vous venez de voir un extrait de notre rencontre avec Sambre, un artiste qui peint et sculpte l’espace urbain, des lieux plus ou moins accessibles au public. En mai 2013, il nous ouvre les portes des Bains Douces pour nous faire découvrir son oeuvre éphémère. On explore avec lui son univers.

 

LES BAINS DOUCHES

Une fois rentrées dans ce grand batiment, fermé au public à cause de son prochain abattement, on percoit la patine bling-bling qui recouvre ses murs, aussi si elle se cèle au dessous d’une plus epaisse patine de poussière.

Les Bains Douches c’étaient le rendez vous mythique de la jeunesse parisienne aux années 80 et 90 (avec sa kermesse d’habitués vip, gendre Jean Paul Gautier, Keith Haring, Prince, les Joy Division etc. La pétillante vie nocturne du club verra sa fin en 2010 à cause de certains travaux savages sur le batiment de la part de son proprietaire.

Images courtesy of Foc Kan

L’edifice, sous la direction artistique de la Galérie Magda Danysz, a été investi pendant quatre mois (Janvier – Avril 2013) par une cinquanteine d’artistes internationaux, à fin de faire vivre une dernière vie au bâtiment avant sa définitive reconversion dans un hotel de luxe. Les travaux commenceront bientot.

Lors de ma première visite en Mars, l’oeuvre qui m’a plus fasciné c’ést celle de Sambre. J’ai cherché de découvrir plus sur les intentions de l’artiste et son idéntité à travers ce conversation autour de sa « boule de bois »…

Est-ce que tu pourrais te décrire à travers : 

- un son : j’aime beaucoup Thom Yorke, et j’aime beaucoup ce qu’il a fait avec Modeselektor

- une ville : c’est Prague, car j’ai vécu la bas et il y a une dimension humaine comme celle d’un grand village et aussi un coté citadin avec plusieurs choses à faire et une masse en mouvement perpétuel

- un personne qui t’a influencé : c’est Jiří Beránek, un sculpteur tchèque de 68 ans. Je l’ai rencontré pendant le temps où j’ai habité en République Tchèque (3 ans), il m’a permis de ressortir du contexte très directif de l’école. Il me poussait à présenter mes idées intuitivement, avec une base évidemment laborieuse de travail et de recherche, mais en se laissant guider par l’intuition et par l’identité d’un lieu. Ca a énormément changé ma manière de voir les choses.

En quelle année est né Sambre ? Pourquoi ce nom et pourquoi tu marquez souvent le territoire avec cette inscription ?
Sambre est né en 2004, tout est parti d’une association de lettres et de sons, il n’y a pas un sens directement lié à ça, c’est plusieurs concepts regroupés en même temps, il y a différents mots qu’on peut y retrouver : sang, sombre, ambre, sabre etc… dans chacun de ces mots il y a quelque chose de moi. C’est assez réducteur quand on parle de marquer le territoire, le tag est souvent assimilé au chien qui pisse sur son territoire, je pense qu’il faut le voir plutot comme une façon de s’approprier d’un espace à travers l’interaction avec celui-ci et de retrouver une liberté à travers la création.

Images depuis le site personnel de Sambre

Comment t’a influencé le fait de vivre à l’étranger ?
D’une coté professionnelle et academique, tous les rencontres et les experiences que j’ai fait ont stimulé en moi des réflexions artistiques et conceptuelles sur ce qui nous entoure. Voyager souvent m’a permis de garder des libertés par rapport à l’implantation géographique, je n’ai pas de mal à bouger d’un endroit à l’autre, j’ai plus de mal à trouver un endroit fixe d’ailleurs. Après un sejour au Kosovo à la fin de l’année dernier, où j’ai travaillé sur une scénographie, je suis rentré à Paris. A ce moment précis, en Janvier, ils m’ont proposé de travailler aux Bains Douches, donc ca tombait bien.

Tu avais déjà en tête de travailler sur une forme circulaire ?
Le cercle c’est une forme que j’explore depuis un an, du coup c’était l’occasion de la développer. C’est l’espace aussi qui m’a beaucoup inspiré. J’ai vu cette pièce qui m’a beaucoup parlé et j’ai imaginé quelque chose sur deux étages et la forme de la sphère a émergé assez vite.

Est-ce que c’est la première fois que tu va si à fond avec ton travail sur un bâtiment (creuser et modifier structurellement un bâtiment)?
C’est la première fois que j’interviens de façon si tenace et aboutie. Je n’avais pas encore pris la matière elle même sur place, il s’agissait souvent de matière déplacée, qui avait toute une histoire aussi, mais ce n’était pas directement issue du lieu. C’est ça que m’intéressait ici, parce qu’il y avait le temps, les moyens techniques, le marteau piqueur par exemple (ils me l’ont prêté car il y avait le chantier après), c’est aussi grâce à ca que ça a été possible. Dans tous les endroits abandonnés c’est rare que tu aies de l’électricité et que tu puisses rester autant de temps sans avoir des soucis où qu’il soit facile d’accès.

Images depuis le site Bains Douches, photos par Jérôme Coton et Stephane Bisseuil

Tu avais déjà assez de confiance avec la construction pour te rapprocher autant au bâtiment ?
Non, mais ça ne m’inquiétait pas, il y avait plus d’excitation que d’inquiétude. Aussi parce qu’il y avait l’architecte qui m’a informé sur ce que je pouvais ou pas faire. J’étais vraiment excité de réaliser finalement un travail pareil, car ça faisait longtemps que ça me trottait dans la tête de faire une intervention dans le cadre de la sculpture in situ. J’avais besoin depuis longtemps de me confronter plus sérieusement avec la matière.

Quelle part donnes tu à la collaboration dans ton travail ? Quand tu en a besoin et quand tu la cherche ?
Pour la réalisation des pièces je commence à accepter l’idée qu’on puisse m’aider. Pour cette pièce j’avais un assistant à toutes épreuves, il s‘appelle Martin. Il a contribué à l’ambition du projet, parce que tout évoluait de jour en jour, progressivement, on n’avait pas déterminé techniquement jusqu’où je serais allé. Je donne beaucoup d’importance au processus au delà du résultat, l’étape de réalisation d’une pièce est un moment magique, peu importe ce que j’aurais pu faire de mieux, c’est vraiment dans l’acte de création qui repose la beauté d’un projet. Avant, j’étais beaucoup plus « solo » dans ma création, en tous cas pour les sculptures. En parallele j’ai fait des partenariats pour des installations avec Teurk et avec d’autres artistes. Maintenant je suis plus ouvert à l’idée de déléguer une partie technique et de la création aussi à des autres personnes et d’accepter que ça prenne une autre direction de ce que j’imaginais au debout. En peinture j’aime bien me confronter aux autres parce que ça fait évoluer et ça fait partir dans des directions qu’on n’imaginait pas et ça fait quelque chose de surprenant, de nouveau, qui permet de se remettre en question.

Images depuis le site personnel de Sambre / Image centrale depuis le site Bains Douches, photos par Jérôme Coton

Tu as donné un titre à cette pièce ?
Non, j’ai du mal à donner des titres car je trouve que ça enferme, ça dirige le jugement qu’on peut avoir sur une création. Il y a une évocation subtile à la boule à facette, c’est vrai que c’est un clin d’œil aux Bains Douches et à la boîte de nuit, à ce qu’elle a été, mais c’est aussi autres choses, chacun peut en voir ce qu’il veut.

C’est à quel moment que tu t’es rapproché au travail sur le bois et pourquoi ?
Tout d’abord je me suis rapproché au bois à l’école, en France et à l’etranger. En République Tchèque on réalisait des installation avec le bois avec les moyens du bord, si tu veux faire une installation il n’y a pas de budget donc tu fais avec ce que tu peux, j’utilisais beaucoup de matériaux de récupération de bois et du métal. Le bois c’est un matériaux qu’on trouve partout, tu peux facilement en récupérer et il a beaucoup des caractéristiques intéressantes pour la construction. Autant plus, le bois de récupération qui a une patine, qui raconte une histoire, qu’on va réadapter à un autre contexte, je trouve qu’il y a quelque chose de très poétique. Dans ce type de bois il y a des contraintes, il faut toujours trouver des solutions complexes pour le travailler et pour l’assembler. Si je commandais mon propre bois, il y aurait moins de remise en question et le processus serait moins palpitant, mais j’aime bien avoir une direction assez définie et que le processus de création soit sans cesse à se renouveler.

Images depuis le site personnel de Sambre

Pourquoi tu choisis souvent d’intervenir dans des situations où personne va pouvoir le voir ?
Avec les outils actuels on peut faire circuler un travail, par des photos et des images, c’est ce qu’il reste. Je pense que j’ai des choses à prouver comme tous les artistes et j’ai besoin d’un retour sur mon travail mais ce n’est pas seulement par le graffiti que j’ai envie de montrer mon identité, et pas forcement dans la rue avec des grands œuvres. Le graffiti pour moi ça reste de la peinture et ça peut être faire partout.

 Images depuis le site personnel de Sambre

Pour en savoir plus sur les projets de Sambre : www.sambre.fr

Le site officiel des residences d’artistes aux Bains Douches: www.lesbains-paris.com

Merci à la Galerie Magda Danysz pour nous avoir donnée accès aux Bains lors de notre première visite, merci à Sambre pour le temps consacré à l’entretien.

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à la découverte des bains douches à paris

Un site exceptionnel nous a ouvert ses portes récemment lors de deux visites. La découverte de l’univers onirique de ce bâtiment aux identités multiples était signée par une certaine nostalgie. La nostalgie d’un lieu qui verra sa destruction arriver dans les prochains jours pour laisser place à un hôtel, qui effacera toutes traces des interventions précédentes. En Janvier 2013, la Galerie Magda Danyz a décidé de lancer un appel à projet aux artistes pour intervenir dans ce lieu magique. KSAT était présent pour documenter l’initiative et, après une visite générale du lieu en Mars, on est heureux de pouvoir bientôt partager avec vous notre rencontre avec l’artiste Sambre, jeune créateur qu’à marqué le territoire des Bains avec une installation surprenante qui occupe deux étages du bâtiment avec une « boule » au diamètre de presque 5 mètres. Bientôt plus de nouvelles!

Voici le site des Bains Douches avec tous les détails sur les projets qu’ont été réalisés jusqu’à présent et une présentation des artistes: Les Bains Douches

Si entre-temps vous êtes curieux d’en découvrir plus sur certains des artistes qui ont fait partie du projet Bains Douches et d’autres personnages de cette scène, on vous invite à allez faire un tour à l’expo « Graffuturism » en cours à la Galerie Openspace – 56 rue Alexandre Dumas, 11ème arrondissement. A partir du 11 mai Sambre présentera ici sa dernière sculpture en bois, à integrer l’exposition déjà en cours.

Artistes présents: clemens Behrerosiegilbert1Graphic Surgery , HenseJaybo MonkNawerNelioPenerPoesiaRemi RoughSambreSat One , Sirius, SowatSwizTancThomas Canto, Tomek, WXYZ.

An incredible spot in Paris opened his doors to KSAT for letting us visit the place. To discover this building and its oniric universe, that during the time assumed multiple identities, was also a nostalgic moment. This nostalgia come from the soon-to-come renewal of the entire structure, to leave room for a fancy hotel, that operation will erase all traces of the previous interventions in the space. In January 2013, Gallery Magda Danyz decided to start an open call for artists in aim to stimulate a new lively experience for those magic rooms before its demolition. KSAT was there to document this venture and, after a general site visit in March, we’re now happy to let you discover more about the work of the young artist Sambre, that we interviewed last week in site and whose impressive work occupies 2 floors of the Bains with his « bowl » of nearly 5 meters diameter. The video reportage is in the making and we’ll let you know more about it soon!

Here is the link to the website of Bains Douches, with all the details about the projects included and more information about the artists who participated: Les Bains Douches

If, in the meanwhile, you’re curious to know more about those artists that took part, or not, to the Bains Douches intervention, we invite you to take a look at the exhibition « Graffuturism » at the Galerie Openspace – 56 rue Alexandre Dumas, 11ème arrondissement. From May 11th, the artist Sambre will show here his latest piece, a wood sculpture, to integrate the exhibition underway.

Artists included : clemens Behrerosiegilbert1Graphic Surgery , HenseJaybo MonkNawerNelioPenerPoesiaRemi RoughSambreSat One , Sirius, SowatSwizTancThomas Canto, Tomek, WXYZ.

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Put this music on!

Cécile est une artiste très « musicale ». Le son est un élément fondamental de son travail et on peut s’en apercevoir en donnant un coup d’œil à ses réalisations qui naviguent entre l’installation vidéo, le vjing, le montage de found footage.

Le son auquel elle fait appel est souvent de la musique contemporaine, de l’electro pop, de nouvelles chansons ou des remixes qui te donnent envie de faire bouger tes gambettes.

Pour KSAT CAMP#2, qui a eu lieu le 19 Janvier à la Petite Rockette à Paris, Cécile a présenté une installation réalisée avec des mobiliers collectés sur place, qu’elle a re-manipulé et combiné à une vieille télé.

La télé transmettait des vidéos qu’elle a réalisé. On pouvait y voir 5 de ses vidéos musicales tournées en boucle. On présente ci dessous, en avant première, la nouvelle vidéo que Cécile a présenté pour la première fois au public lors du KSAT CAMP#2, appelée « 2 please U » par Freaks! En bas vous trouverez aussi les autres vidéos faisant partie de l’installation de Cécile. Check it out!

2 please U ( Surreal visit dub ) – Freaks

Extrait vidéo: Cover Girl de Charles Vidor, 1944

Sing Leaf – Generation Ship

Extrait vidéo: The Gang’s all here de Busby Berkeley, 1943

Blackout Babies – Meat Market

Extrait vidéo: Dames de Busby Berkeley, 1934

Shit Robot – Answering Machine

Extrait vidéo: Banana Split (The gang all there) de Busby Berkley, 1943

La dernière vidéo est un morceaux que Cécile a réalisé à partir d’une chanson que lui a filé Marc Collin, producteur de Nouvelle Vague. On ne citera pas le titre, vu que la chanson n’est pas encore sortie.

Extrait vidéo: Bathing Beauty de Georges Sidney, 1944

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IF hack KSAT CAMP#2

Dès que la nuit tombe sur l’atelier de la Petite Rockette les objets, pesés, triés, diagnostiqués, nettoyés, réparés, empilés les uns sur les autres, en attendant que quelqu’un leur donne un nouveau destin, se mettent à vivre leur propre vie.

Les interactions entre sons, images et mouvements permettent d’imaginer une conversation onirique et fantastique entre les différents objets et machines de l’atelier. Ils communiquent alors entre eux, nous racontent leur histoire. Ils révèlent leurs secrets cachés, leur utilisation masquée.

L’espace est bouleversé, modifié, désordonné. Quelqu’un ou quelque chose orchestre cette symphonie, détourne ce lieu de son fonctionnement originel comme un hacker qui s’immisce dans un site…

La team IF, lors du deuxième happening KSAT CAMP, a décidé d’investir l’espace de l’atelier de La Petite Rockette. Tout en gardant l’identité propre du lieu et des activités quotidiennes, ils sont intervenus au niveau de l’atmosphère, des sons, des objets, des lumières. Le résultat était magique, ci dessous un aperçu de leur installation éphémère.

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In the kitchen – Cécile Chaput

Il a quelques temps, j’ai rencontré Cécile pour la première fois. C’était un après midi pluvieux à Paris et j’avais dans la tête les rythmes des chansons françaises d’antan … On a parlé de Tadashi Kawamata (son tuteur à l’ENSBA), de VJs, de Gordon Matta-Clark et d’autres choses…  Ce que j’aime le plus dans mon travail, c’est de mettre à l’epreuve les artistes, en leur demandant de décrire eux mêmes leur parcours artistiques, à travers des indices, des photos et des anecdotes. Il n’est pas aisé pour un artiste de parler de lui même, ça peut donc être une raison de plus pour me détester, mais je persevere.

Voilà alors l’histoire de Cécile.

Not so long ago, I met Cécile for the first time. It was a rainy afternoon in Paris and I had stuck in my head some old school french melodies… We talked about Tadashi Kawamata (her tutor at ENSBA), about VJs, about Gordon Matta-Clark and other things… What I like the most in my work is to challenge the artists by asking them to describe their artistic path through clues, pictures and anecdotes. It’s not easy for an artist to talk about himself, it could be a reason to hate me but I’m doing it anyway.

So Here is the story of Cécile.

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Cette vidéo a eu un côté révélateur dans mon travail. Quand j’étais encore au lycée, j’ai découvert l’artiste Pipilloti Rist, qui a véritablement chamboulé et changé ma vision et mon rapport à l’art vidéo.

This video was quite revealing to me and for my work. When I was still in high school, I discovered the artist Pipilloti Rist, that truly disturbed and reshaped my vision and my relationship to video art.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=PPC8ir1jdfk&w=420&h=315]

La vidéo en question s’appelle « Aujourd’hui », l’artiste déambule dans un supermarché, s’auto-filmant, elle sur-imprime des figures humaines qui s’incrustent comme autant de pensées projetées. Le spectateur est prié de regarder la bande vidéo, couché sur l’oreille gauche ou bien de tourner le moniteur à 90°. Ce qui m’a particulièrement interpellé, c’est la position de la télévision, qui faisait partie d’une installation. Cette utilisation me fascinait.

The video is called « Aujourd’hui » (« today »), the artist walks around a supermarket, filming herself, she superposes human figures that could be like many projected thoughts. The viewer is welcomed to watch the video while lying on the left ear or by turning the screen of 90°. What striked me most, it’s the position of the television that takes part of an installation. This way of using it fascinated me.

Mes vidéos prenant part à la pièce globale communiquent entre elles, surtout quand j’utilise des vidéos de « seconde-main », comme les meubles des installations dans lesquelles elles sont diffusées. Ces extraits  vidéos, datant d’il y a moins de 50 ans, sont  volontairement abimés par le flux internet, pour justifier leur deuxième vie. Ils sont re-visible sur un écran de télévision. Pour que, quelque part, elles puissent se situer dans un monde après la télévision.

My videos, by taking part of the global piece, communicate between each other, particularly when I use « second-hand » videos, like the furnitures of the installations in which they are used. These video excerpts, created at least 50 years ago, are altered voluntarily by the internet flow, to justify their second life. They are re-seen on a television screen. So that, in a way, they could take part of a world after the television.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=vRAd1o3Tbwg&w=420&h=315]

Temple de l’archétype femme d’intérieur parfaite, la cuisine en Formica, qui se voulait libératrice dans les années 50, ne véhicule à présent, que de la nostalgie. Impossible à reproduire aujourd’hui, le meuble en Formica ne fait que ré-apparaître. De fait, tous les éléments que l’on croise actuellement, peuplant des débarras ou brocantes ne peuvent être que de seconde main. Les structures servant ici de terreau aux sculptures et installations ont déjà vécu une vie et ont déjà accompagnés des familles sur des périodes plus ou moins longues. On peut parler d’objets habités, témoins sourds-muets de l’intimité de foyers; de ce que Pierre Bourdieu appelait Habitus. Extraits de leur milieu « naturel » ainsi que de leur époque, ils reprennent à leur compte la poétique (de l’espace) que Gaston Bachelard leur prêtait en ce qu’ils sont sédimentés de vie et de sens, comme de véritables organes de la vie secrète.

Temple of the archetype of the perfect housewife, the Formica kitchen, which used to be a symbol of freedom in the 50s, represent only nostalgia nowadays. Impossible to reproduce today, the Formica furnitures only reappear. Therefore, all the elements that we run into today in flea markets or antique stores can only be second-hand. The structures used as a base for the sculptures and installations already had a life along with families in a timelapse that’s more or less long. We can talk about inhabited objects, deaf-mute witnesses of the intimicy shared in their home; what Pierre Bourdieu called Habitus. Excerpts of their « natural » habitat and of their own time period, they impersonate the poetry (of the space) that Gaston Bachelard associated to them as they  are aggregates of lives and meaning as true organs of the secret life.

Dans mes installations, j’essaye de nous confronter à des lieux de notre quotidien, que nous sommes capables de reconnaître au premier coup d’œil. La mise en espace fait que nous pouvons nous balader dans  l’œuvre. La notion de sculpture vient de la déformation des objets du quotidien. C’est une cuisine, certes, mais qui devient tout à coup inutilisable, elle n’est plus que vitrine. Non pas la vitrine de la perfection, comme peut l’être l’intérieur d’une bonne femme d’intérieur mais, au contraire, celle du dis-fonctionnement. Elle représente notre vitrine, physiquement, face à toute l’incohérence et la confusion que peut entrainer la recherche de la perfection.

In my installations, I try to confront the viewer to everyday environments, that we are able to recognize at first sight. The setting allows the visitor to walk in the piece. The notion of sculpture comes from the distortion of the everyday objects. It’s a kitchen, indeed, but that suddenly appears as unuseful, it’s only a window. Not the window of perfection, as can be a typical housewive but, in the contrary, the one of disfunctionment. It represents our window, physically, confronting all the incoherence and the confusion that perfection can lead to.

On aura l’occasion de voir une installation vidéo crée par Cécile, lors du prochain rendez vous KSAT CAMP#2, ce samedi 19 Janvier. Ne le manquez pas!

We wil have the opportunity to see a video installation created by Cécile, during the upcoming KSAT CAMP#2, this saturday 19th of January in Paris. Don’t miss it!

Cécile Chaput website

Installation vidéo "iā" par Mélissa Boucher

KSAT CAMP#1 – Les murs murmurent / Speaking walls

 

Le 15 décembre 2012 a eu lieu le premier KSAT Camp du cycle des secrets : Les murs murmurent // Speaking walls.

Les visiteurs étaient invités à s’inscrire sur la liste d’invités pour l’un des quatre horaires proposés afin d’assister au happening. Il leur était donné rendez vous. Arrivés, ils sont accueillis par l’équipe de KSAT qui leur distribue un programme. De l’autre côté de la rue, dans l’ancienne maison de l’éclusier du canal de l’Ourcq, on observe une apparition à la fenêtre. Alice Martins commence sa performance. Elle vient ensuite chercher les visiteurs à l’extérieur et les guident vers la maison. A l’intérieur, on pénètre dans un univers investi par les artistes. Une jeune danseuse habite les lieux et guide les visiteurs à travers toutes les projections et apparitions présentes dans les pièces pour finir dans celle du haut avec Giacomo Mercuriali au son/video. Le public aura ensuite le temps de découvrir les projections et installations par eux mêmes tout en discutant autour d’un verre avant que le prochain tour commence.

December 15th, 2012, the first KSAT Camp of the « Secret » cycle started : Les murs murmurent // Speaking walls.

The visitors were invited to subscribe to a guest list for one of the 4 possible timing of the tour that we offered to attend to the happening. They had an appointment. When arrived, they were welcomed by a member of the KSAT team who were distributing the program. On the other side of the road, in the former house of the lock keeper of the Ourcq canal in Paris, we can see an apparition by the window. Alice Martins starts her performance. She comes outside to pick up the visitors and guide them into the house. Inside, we enter in a universe reappropriated by the artists. A young dancer lives in the house and guides the audience through all the art installations and video projections through the house to end up on the top room with Giacomo Mercuriali doing the music/video. The public will then have some time to discover the art on their own while enjoying a drink and a tchat before the next round starts.

Programme :

Voici toutes les photos de l’événement / Here below all the pictures of the event:

L’Art est Cosa Mentale – Soufiane Ababri

Yasmine : Récemment, mon regard s’est penché sur des artistes qui fouillent le passé afin de porter un regard sur le présent. Des artistes travaillant les archives et qui posent des questions, parfois peu accessibles à la première visite et qui font certainement réfléchir. C’est en allant à la Ferme Du Buisson voir l’exposition Orphelins de Fanon de Mathieu K. Abonnenc puis quelques temps après, à l’espace Khiasma, celle de Vincent Meessen que mon intérêt s’est éveillé. J’ai été marquée par cette démarche qu’ils avaient en commun de recherche et de fouilles, comme des archéologues, historiens, philosophes, l’artiste se présente comme un chercheur en sciences sociales. Chacun avec son regard propre, ils s’intéressent à la colonisation / décolonisation / post colonialisme.

Recently, I focused on artists who delve in the past to take a look at the present. Artists working on archives and who ask questions, sometimes inaccessible to the first visit but which certainly makes you think. It was when I went to the Ferme Du Buisson to see the exhibition Orphelins de Fanon by Mathieu K. Abonnenc then after some time, at the espace Khiasma to see the one of Vincent Meessen that my interest was aroused. I was caught by their common approach regarding research and excavations, as archaeologists, historians, philosophers, the artist presents himself as a social scientist. Each with their own look, they are interested in colonization / decolonization / post colonialism.

Martina : Il y a quelque temps, Yasmine et moi étions invitées par Soufiane Ababri à visiter son studio. Pourvues d’une camera et d’un bloc notes on est parties à la découverte de cet artiste et son lieu de travail. Soufiane était encore une énigme pour moi. Les seules choses que je savais étaient qu’il est un artiste conceptuel et qu’il travaille sur l’idée de l’échange de la pensée, le décalage culturel, les questions territoriales et il aimerait bien prendre part au prochain cycle KSAT avec un nouveau projet expérimental.

Je voulais en savoir plus.

It’s been a while, Yasmine and I were invited by Soufiane Ababri to visit his studio. Equipped with a camera and a notepad we were ready to discover the artist and his work. At that time, Soufiane was still a mystery to me. The only thing I knew about him was that he is a conceptual artist and he is working on the idea of ​​exchange of knowledge, cultural shift, territorial issues and that he would like to take part to the next KSAT cycle with a new experimental project.

I wanted to know more about him.

Y: La première fois que j’ai rencontré Soufiane, mais également la première fois que je suis allée chez lui, il m’a présenté la même pièce, une photo d’une intervention. Il insiste sur le fait qu’elle ne représente pas sa façon habituelle de travailler mais elle semble être comme une introduction à son travail et une porte ouverte vers la suite. Une voiture garée dans une rue de la ville, le véhicule est couvert de neige. L’artiste, par une action instantanée et spontanée sur le réel, a ajouté à la main dans la neige son empreinte en inscrivant « Où ? ». Ce paysage, qui interroge sur un véhicule temporairement à l’arrêt, est comme un souffle dans le temps. Tout va redémarrer d’ici peu, la neige va fondre, la voiture va partir mais où ? Il pose ainsi la question de l’exil.

The first time I met Soufiane, but also the first time I went to his place, he showed me the same piece first, a picture of an intervention. He insists it is not his usual way of working, but it seems to be an introduction to his work and an open door to the following. A car parked in a street of the city, the car is covered with snow. The artist, instantaneous and spontaneous action on the real added by hand in the snow forms the letter « Où?  » (where? in french). This landscape, which examines a vehicle temporarily stopped, is like a breath in time. All will restart soon, the snow will melt, the car will go, but where? Through this, he raises the question of exile.

M: Ce tirage photographique représente une sorte de statement déclarant le dépaysement. La localisation arbitraire dans l’espace-temps nous transporte dans un ailleurs inconnu,  où le geste de l’artiste interfère avec un paysage donné. L’action se transforme en communication. Il capture l’instant et il part.

This print represents a sort of statement to communicate disorientation. The arbitrary choice of location, in an unknown space-time lapse, carry us elsewhere, a place where the artist’s gesture contaminates a given landscape. Action becomes communication. He captures the moment and leave.

Y : Dans sa dernière pièce Between Lovers, Soufiane Ababri s’appuie sur sa relation avec le Maroc et la France pour initier une conversation à travers une discussion écrite entre deux protagonistes qui discutent de ce qui est relaté dans un quotidien français puis marocain. Le visiteur se trouve  propulsé à la place des protagonistes, qui ont disparus, pour laisser leurs pensées renversées comme traces sur le mur ainsi que les résidus des journaux consultés sur leurs chaises. Le visiteur se retrouve littéralement lui aussi « le cul entre deux chaises ».

In his latest piece Between Lovers, Soufiane Ababri relies on its relationship with Morocco and France to initiate a conversation through a written discussion between two protagonists who discuss what is reported in a French newspaper and a Moroccan one. This way, the visitor is transfered to the protagonists position, who disappeared, leaving their thoughts to spread traces on the wall as well as leftovers of the newspapers available on their chairs. The visitor finds himself literally with his « ass between two chairs. »

M : On se trouve devant une situation recrée par l’artiste. Comme une sorte de télé-réalité désertée on est face à un scénario : est ce que l’action a déjà eu lieu ou est-ce que les acteurs doivent encore faire leur entrée en scène ? Est ce qu’ils sont partis ? Peut être n’ont ils jamais été là… Il ne reste qu’une trace écrite à la main pour combler le vide de la présence humaine, deux feuilles encadrées et accrochées au mur, dont on ne peut pas déchiffrer le sens car elles sont placées à l’envers.

We’re in front of a fictional situation created by the artist. As a sort of deserted reality show we find ourself looking to a fake scenario: did the action already happen or are we waiting for something to show off? Did somebody left? Maybe anybody have been there either… The only clue left on the scene aresome handwritten traces to fill out the absence of human presence, two pages framed and hung on the wall, mostly impossible to decrypt because they’re set conversely.

Y : Dans un autre travail, l’artiste « crée sa science » nous dit-il, le Palmiérisme – ou comment les arabes cueillent les dattes. Ici, il s’intéresse à la migration, non pas des personnes, mais des palmiers. Il observe la déchéance d’une belle plante dans un milieu qui n’est pas son environnement naturel. La plante survit mais flétrit puis meurt à petit feu. Le palmier se présente comme le symbole de l’orient qui n’est pas sans éveiller en nous un parallèle avec la migration des Hommes et la difficulté d’adaptation à un nouvel environnement qui n’est pas celui d’origine. Alors que nous sécherions dans le désert, l’environnement du palmier, c’est lui, qui, invité dans notre monde, s’assèche lorsqu’on l’observe sans l’entretenir, lorsqu’on le laisse dépérir sans lui donner les clefs en main pour s’adapter. La métaphore est troublante et pousse à la réflexion.

In another work, the artist « creates his own science » he tells us, it’s called the Palmiérisme – or how the Arabs pick the dates. Here, he focuses on migration, not people, but palm trees. He observes the decline of a beautiful plant in an environment that is not its natural environment. The plant survives but then fades and slowly dies. The palmtree stands as the symbol of the East and is not without making a parallel with the migration of men and the difficulty of adapting to a new environment which is not the original one. While we would dry in a desertic environment, the one of the palmtrees, it’s it, the palmtree, which, when invited in our world, becomes to dry when observed without care, when we leave it to decay without giving the turnkey to adapt. The metaphor is disturbing and thought-provoking.

M : Soufiane travaille et réfléchit beaucoup sur l’idée de survivance. Il utilise comme matière d’étude l’image du palmier pour conceptualiser toute une histoire que l’on peut retracer avec : le colonialisme, le moyen Orient, la force et la persévérance de ces matériaux. Il travaille sur l’idée du cycle de vie de cette plante avec une série de Polaroid qui montrent les différentes étapes d’existence d’un petit palmier. Non seulement on y voit l’avancement du dépérissement du végétal dont Yasmine parle, mais on peut constater aussi comment les photos sont abîmées de plus en plus lors qu’on tourne notre regard vers la droite. L’incoercible phénomène séculaire naissance-vie-mort est représenté par un parallélisme concept/matière. Comme un cri, dans le vide de cette toile occupée sur sa portion centrale, on peut lire entre les lignes un subtil message qui incite à la vie, à résister aux obstacles et au passage du temps, le palmier fossilisé perdure en tant que simulacre de ce qui était.

Soufiane works and research a lot on the idea of survival. He uses the image of the palm tree to narrate a more complex story, dealing with differents subjects: the colonialism, the Middle East, the streght of this material as a metaphor. Soufiane visualises the idea of the palm tree’s life cycle, recourring to a series of Polaroid that progressively get more blurried and jaded as the tree gradually gets older and dies. The inexorable process of birth-life-death is represented by a parallelism in between concept and images. Like it was shouting out loud, in the emptyness of this canvas filled only in its middle portion, we can barely hear a whispered message prompting to life, the fossilized palm tree still holds on like a simulacrum of what has been.

La majorité des travaux montrés par Soufiane sont des intentions, des mise-en-trois-dimensions de concepts et réflexions, de visualisations. Comme l’art conceptuel nous a bien appris, on ne voit plus la nécessité de voir des pièces finies, l’idée est le coeur du travail artistique, au delà de l’habilité manuelle de l’artiste dans sa réalisation. Soufiane utilise des morceaux pris de la réalité quotidienne des journaux, des photos historiques, des outils simples et il les manipule pour faire dévier leur sens vers d’autres formes de pensée. Il expérimente différents moyens pour exprimer ses messages, souvent en lien direct avec sa situation personnelle complexe : sa nationalité marocaine et son rapport avec la France, les distances géographiques vues parfois comme métaphores de la distance entre cultures et sa relation avec le passage du temps.

The most of the works Soufiane showed us represent intentions, a 3D representation of concepts and reflexions, of visualisations. As conceptual art teaches, we don’t see anymore the necessity of having full finished pieces, the idea is the core of the art work, far from the strictly personal artistic ability in the realization. Soufiane cuts parts of his everyday life to create his pieces, from newspaper to historic photographies, simple tools turns into specific art objects after his manipulation. He experiments new forms of medium to express his thoughts, seldomly connected with his complex personal situation: his moroccan nationality and his relationship with France, geographical distances often saw as metaphors of a distance inbetween cultures, its vision on the passage of time.

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Soufiane Ababri participe au cycle des Secrets pour le KSAT#6 et présentera un travail en commun avec la commissaire d’exposition Karima Boudou que nous vous présenterons dans un prochain article.

Ne manquez pas de découvrir son travail dans les prochains mois à venir et dans notre prochaine publication. En attendant nous avons demandé à Soufiane de nous faire part de son secret. Le voilà :

Soufiane Ababri will take part to the next KSAT#6 cycle about Secrets, presenting a work elaborated with curator Karima Boudou, that we’re going to present you in a next article.

Do not miss the opportunity of checking out his work in the next months and in our publication. Meanwhile, we asked Soufiane to share with us its secret. Here it goes:

 

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My art is fueled by action – Autumn Ahn

Autumn Ahn is an artist from head to toe.

We asked her to describe herself through 3 statements/anecdotes, and here it goes:

1. Saying yes & moving on

My artistic development, and any artistic development, is fueled by action.
My first large projects were made possible by friends offering opportunities. It was a matter of choosing my priorities and saying yes to working late nights painting instead of going to a bar. I chose to create a working environment where I could be productive and also have fun. The best parties happen when there is something to celebrate!

The « Underground » mural in Boston from 2008 was my first big commission. My friend Maria Molteni and I spent one month in 2008 going to the skate ramp everyday and sometimes sleeping there until it was finished. It was torn down 3 months later.

« Learning to let go clears your head and your heart to allow room to focus on new projects. »

2. Collaborations

Screen shot from EXTENDED VIDEO PLAY 2 feat A. Ahn and H. Featherstone by PvonK+TilGold

Part of « saying yes » is also committing to learning new things.

« Collaborations are often experimental and can trigger surprising new ideas »

Pushing beyond my comfort is exciting because it is challenging and it is always more approachable and fun if done with friends! While working on a large installation my friend Holli and I were invited to collaborate on a performance for video-something we have both never officially done. We felt a great connection with the two video artists we had just met and just said yes. There was no heavy planning, we decided on a date, some materials and shot the whole thing one Saturday afternoon. The artists PvonK put a lot of time into editing the video for a larger project. I am not quite sure how this will effect my work, but I’m sure it has influenced my artistic process.

3. Exploring Alone

« Putting myself in a foreign environment is a great way to find inspiration »

When I feel stuck or bored I explore by wandering aimlessly, going to a new bar, taking my bike to work instead of the metro, or traveling to a different country. I always end up finding something beautiful, bizarre or funny.

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Autumn joined KSAT during Fall 2012, she will present an installation that deals with space and perception during our KSAT CAMP#1 on December 15th! Exciting!

Autumn Ahn website