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je voudrais perdre la tête pour toi…

Vorrei perdere la testa per te soltanto per decapitazione // Je voudrais perdre la tête pour toi, seulement par décapitation
Par Marco Colabraro (traduction par Martina Margini)
vidéo de préparation de la performance du 16 février 2013 // KSAT CAMP#3, Marcovaldo, Paris

Voici le texte en langue originale (italien), à suivre celui de sa traduction en français,
et quelques photos en avant première de la performance ( photos par Irene Pancaldi et Hélène Guénais)!

Bonne lecture!

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Tra i fili interrotti dei nostri telefoni contemporanei, te ne sei andata in cucina ad apparecchiarti la bocca con le galletta di mais. Le labbra gonfie e vino in calici sul mio tavolo di legno scuro. I tuoi piedi sul davanzale della finestra, coi venti che disfano la primavera in fiori e quel ciondolo che porti in mezzo al petto. Mi sono arrampicato su un albero per guardare alla tua finestra, farti ciao aprendo le dita e poi chiuderle sull’erotico mio gioco. Non c’eri, un disegno di bimba: un dinosauro e un sole stilizzato coi raggi che finiscono in bocca all’animale, le tue mutandine piegate sul letto e il profumo pastello della biancheria lavata. Mi è squillato il telefono e non eri tu. Sono caduto dall’albero, a niente serve un palo tra le gambe se non ti ci puoi sostenere. Mi sono messo a correre sul posto, col sudore che lava via la memoria dalla mia schiena senza i segni delle tue dita. Nello spazio delle tue vocali lunghe le tue gioie da poco, vorrei perdere la testa per te soltanto per decapitazione. Ci siamo detti dell’amicizia, ci siamo strappati le guance sulle distanze dei nostri cordless della banalità del nero. C’è una finestra sopra i miei piedi quando mi sdraio sul letto e disegno forme strane e fumo con lo stick dell’incenso, la brezza delle cinque del mattino per i miei pensieri che non lasciano stare le zanzare stanche. Le nuvole rare. La luce fredda. Al fuoco i palazzi, le antenne paraboliche, i balconi vuoti e le persiane abbassate. La vita dentro e tutti questi pixel in cascata. Me lo vuoi dire adesso che fare? Dovremmo sederci a un pub e bere una media come tutti gli altri? Hai voglia di un Mojito? Io non lo so cos’è che mi fa passare le notti con lo sguardo all’insù, cerchiamo il volo e costruiamo ali per staccare le scarpe dallo sporco d’asfalto, null’altro. Tutti questi vetri vuoti, la raccolta differenziata dei nostri pensieri di oggi. Dimmelo adesso che fare, sognare il mare o scendere in strada e far la guerra coi tram aspettando il mattino? Quel discorso sugli animali da compagnia che ci ha tenuto allacciate le scarpe, che te ne volevi tornare al silenzio ed io ti ho detto potremmo dividerlo a metà ed abitarlo un poco. Così ti sei messa a prendermi a schiaffi coi tuoi denti bianchissimi e ci ha sorpreso il sole che ancora tenevamo gli occhi chiusi. Non così, non così ho detto prima della nostra battaglia navale coi ventri dammi la mano e su in piedi, fatti guardare, fatti baciare, e poi voltati che mi piace anche quando non mi guardi e sono costretto a perdere gli occhi sul tuo mondo diviso in due dall’unico meridiano che posso toccare. E infilo le dita nelle tue ombre, ti alzo la testa e mentre ansimi sussurro: lo vedi quello che resta di noi? Le linee lunghe dei nostri capelli trafiggono il cielo, sfuggono le nostre parole ai tralicci della corrente, lo vedi tutto quell’azzurro, se ti pieghi un poco saremo sotto la linea dei grattacieli, e bianco e parchi, alberi in fioritura ed esplosioni di polline per le congiuntiviti di luglio che se ti si annebbia la vista è perché sei altrove.

Entre les connexions interrompues de nos téléphones contemporains, tu es partie dresser la bouche avec une galette de maïs. Les lèvres gonflées et le vin en calice sur ma table de bois foncé. Tes pieds sur le rebord de la fenêtre, avec le vent qui perturbe le printemps et ce pendentif que tu portes au milieu de ta poitrine. J’ai grimpé dans un arbre pour regarder à ta fenêtre, te dire bonjour en écartant les doigts pour les refermer sur mon désir érotique. Tu n’étais pas là, un dessin d’enfant : un dinosaure et un soleil naïf avec ses rayons qui tombent dans la bouche de l’animal, ta culotte pliée sur le lit et le parfum pastel du linge lavé. Le téléphone a sonné mais ce n’était pas toi.

Je suis tombé de l’arbre, un poteau entre les jambes ne sert à rien si on ne peut pas s’y raccrocher. Je cours sur place, la sueur efface tout souvenir de mon dos, en absence des traces de tes doigts. Dans l’espace entre tes voyelles longues tes joies futiles, je voudrais perdre la tête pour toi, seulement par décapitation. On a parlé d’amitié, on s’est déchiré les joues par la distance de nos téléphones dans la banalité de l’obscurité.

Il y a une fenêtre au dessus de mes pieds quand je m’allonge sur mon lit et je dessine des formes étranges et je fume à travers un bâton d’encens, la brise de cinq heures du matin pour mes pensées qui ne laissent même pas tranquilles les moustiques fatigués.

Les rares nuages. La lumière froide. Au feu les palais, les antennes paraboliques, les balcons vides et les volets baissés. La vie intérieure et tous ces pixels en cascade.

Tu peux me dire maintenant ce que tu veux faire ?

Devrait-on s’asseoir au comptoir et boire une pinte comme tous les autres ? T’as envie d’un Mojito ? Je ne sais pas ce qui me fait passer mes nuits à regarder vers le ciel, on recherche le vol et on construit des ailes pour éloigner nos chaussures de la souillure de l’asphalte, rien d’autre. Tous ces verres vides, le tri sélectif de nos pensées d’aujourd’hui. Dis moi maintenant quoi faire, rêver de la mer ou descendre dans la rue faire la guerre avec les trams en attendant le matin ?

Ce discours à propos des animaux de compagnie qui nous a gardé les chaussures lacées, tu voulais retourner au silence et je t’ai dit qu’on pourrait le partager entre nous et l’habiter un peu. Alors tu as commencé à me gifler avec tes dents trop blanches et le soleil nous a surpris quand nos yeux étaient encore fermés. Pas comme ça, pas comme ça j’ai dit avant la bataille navale entre nos ventres, donne moi ta main et puis debout, laisse moi te regarder, laisse toi te faire embrasser, et puis tourne toi car ça me plait aussi quand tu ne me regardes pas et je suis forcé de perdre mes yeux sur ton monde divisé en deux par l’unique méridien que je puisse toucher. Et je glisse mes doigts dans tes ombres, je lève ta tête et pendant que tu murmures je te dis : tu voit ce qu’il reste de nous ? Les longues lignes de nos cheveux percent le ciel, nos mots échappent aux antennes, tu vois tout ce bleu, si tu te baisses un peu on sera au dessous de la ligne des gratte ciels, et le blanc et les parcs, les arbres en fleurs et l’explosion du pollen pour les conjonctivites de juillet, si ta vue est brouillée c’est que tu es ailleurs.

expook

un freak della penna – marco colabraro

Considero Marco un bravissimo pittore. Disegna paesaggi senza utilizzare un pennello. I personaggi ai quali dà vita, trasudano verità e vibrano di colore puro. L’intensità dei suo racconti mi fa immaginare scenari cinematografici, immersi nella realtà della vita, i ritratti infuocati di una generazione al limite. Marco dipinge attraverso le sue parole.

Non mi piacciono le biografie, e dunque non pretenderò di raccontarvi la storia di Marco, basta sapere che é uno scrittore, a volte performer e altre volte attore.

A dir la verità Marco non disegna bene, per niente.

Ma ha il dono di saper utilizzare bene le parole. Ed é attraverso le parole che ha deciso di raccontarsi. Parole sue e parole di altri, poco importa. E poiché le parole sono importanti e non si possono tradurre senza perderne il vero significato, ricorrerò alla traduzione soltanto nel caso di testi che non siano poetici. Ecco tutto. Vi presento Marco.

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Je pense que Marco est un très bon peintre! Il dessine des paysages sans jamais utiliser de pinceau. Les personnages auxquels il donne vie dégagent vérité et vibrent de pure couleurs. L’intensité de ses histoires me font imaginer des scénarios cinématographiques, tous plongés dans la réalité de la vie, les portraits fougueux d’une génération X. Marco peint à travers ses mots.

Je n’aime pas les biographies, donc je ne vais pas vous raconter l’histoire de Marco. Il suffit de savoir qu’il est écrivain, à la fois performeur et à la fois acteur.

A dire la vérité, Marco ne sait pas du tout dessiner.

Mais il a le don de savoir bien utiliser les mots. C’est à travers les mots qu’il a décidé de se raconter à vous. Vous trouverez alors ses mots et les mots d’autres personnes, peu importe. Étant donné que les mots sont primordiaux, et qu’on ne peut pas les traduire sans leur faire perdre inexorablement des parties de leur sens originel, je vais utiliser des traductions seulement pour les textes non poétiques. C’est tout. Je vous présente Marco.

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I think Marco is a wonderful painter. He creates landscapes without using any brush. The characters he generates ooze truth and tickle by intense colors. The depth of his novels makes me think about the scenario of movies, plunge in the reality of life, inflamed portraits of the generation X. Marco paints through his words.

I don’t like biographies, thus I won’t claim telling you the story about Marco. Enough is to know that he’s a writer, sometimes performer and occasionally an actor.

To be honest, Marco is everything but a painter.

But he has a talent in using words. And it’s through words that he decided to tell you his stories. You’re going to find here after his words and words by other people, whatever. And because words are crucial, and we can’t really translate them without losing parts of their essential meaning, I’m going to translate only non poetical texts. That’s all. May I introduce you to Marco.

 

Malgré tout ce qu’il y a à faire dans le monde, moi j’écris un blog:

macelleriamarleo.wordpress.com

en fait, je pense que

« I like too many things and get all confused and hung-up running from one falling star to another till I drop. This is the night, what it does to you. I had nothing to offer anybody except my own confusion. »

- Jack Kerouac

donc, je vais souvent courir…

Les 400 coups – François Truffaut

et puis

“Io sono un freak della penna, un essere sensibile che divora le gabbie e cerca salvezza nelle bocche degli altri. E mi mangeranno prima o poi, la mia parola come carne, carne della mia carne, prolungamento e membro le mie parole fecondano il grembo di chi le accoglie.”

- Moi même

vous savez que

“Bien sûr je te ferai mal. Bien sûr tu me feras mal. Bien sûr nous aurons mal. Mais ça, c’est la condition de l’existence. Se faire printemps, c’est prendre le risque de l’hiver. Se faire présent, c’est prendre le risque de l’absence”

- Antoine de Saint Exupéry

je continue à marcher

« Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l’amour infini me montera dans l’âme ;
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux- comme avec une femme. »

- Arthur Rimbaud, Sensation

Arthur Rimbaud – Sensation

Je suis moi même et, en même temps, je suis quelqu’un d’autre

“No gray hairs streak my soul,
no grandfatherly fondness there!
I shake the world with the might of my voice,
and walk – handsome,
twentytwoyearold.”

- Vladimir Majakovskij

Vladimir Majakovskij

J’aime les arts et la fouterie, mais je sais que

« Plus l’homme cultive les arts, moins il bande.
Il se fait un divorce de plus en plus sensible entre l’esprit et la brute.
La brute seule bande bien, et la fouterie est le lyrisme du peuple. »

et

« Foutre, c’est aspirer à entrer dans un autre, et l’artiste ne sort jamais de lui-même. »

- Charles Baudelaire

Malgré tout ce qu’il y a à faire dans le monde, moi j’écris un blog:

macelleriamarleo.wordpress.com

Photo par Josef Koudelka

Marco presentera un texte lors du KSAT CAMP#3 Confusion Sentimentale / Emotional Disorder le 16 Février prochain, dans le cadre d’une performance en collaboration avec Alice Martins et Neue Graphik.

On vous attends donc nombreux à Marcovaldo, le 16 Février à 18h30!

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Marco will do a reading during the next KSAT CAMP#3 Confusion Sentimentale / Emotional Disorder on February 16th, within a collective performance with Alice Martins and Neue Graphik.

We’re waiting for you all folks at Marcovaldo, February 16th at 6:30pm!